(8) " Lucky Luke et Phil Defer " 1956 -
"Lucky
Luke et Phil Defer dit le Faucheux" : prépublication dans "Le
Moustique" (303-337) en 1954
"Lucky Luke et Pillule" : prépublication dans "Le Moustique"
(338-346) en 1954

Morris décide ici
de mettre en scène un personnage directement inspiré d'un acteur
de cinéma, à savoir Jack Palance qui avait crevé l'écran
dans "L'homme des vallées perdues" ("Shane") , un western de George Stevens sorti
en 1953.

Grand, dégingandé, pommettes saillantes et yeux bridés,
l'homme avait un physique assez éloigné des canons habituels de
Hollywood, propre à créer une forme d'effroi dans l'esprit des
spectateurs.
Morris en fait un " méchant ", un tueur à gages impitoyable
avec qui LL va entreprendre une lutte à mort. Justement, la mort est
omniprésente dans cet histoire. Elle est suggérée ou même
montrée avec une crudité qu'on ne retrouvera plus par la suite,
la censure ayant fait son oeuvre. L'album constitue à notre sens le chef
d'oeuvre de Morris en solo qui exploite à merveille la taille et la maigreur
démesurées de Phil Defer pour une série de gags visuels
particulièrement réussis. Impossible après la lecture de
cet album de voir un film de Jack Palance avec les mêmes yeux.
Cette histoire
n'occupe pas la totalité de l'album. Elle est suivie par un récit
intitulé " Pilule " qui n'est pas vraiment une aventure de
LL puisque ce dernier n'intervient qu'au début en tant que conteur. Cette
historiette ne constitue pas le sommet de la carrière de Morris, même
si le destin incroyable de ce shérif myope, souffreteux et distrait n'est
pas dépourvue de charme. Cette aventure est intéressante par son
extrême violence. Par sept fois, elle montre explicitement la mort (celle
d'un animal et celle de six êtres humains), exactement comme dans "
LL contre Phil Defer ".
Un goût pour le carnage qui sera totalement abandonné par la suite.
Le gag : La rencontre
avec les hérissons.
Caricature : Jack Palance (Vladimir Palaniuk, 1919 - 2006).
Curiosité : Ces deux histoires ont été
prépubliées dans "Le Moustique", un hebdomadaire des
Editions Dupuis qui donnait les programmes de la radio pour lequel Morris dessina
beaucoup de couvertures.