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" La Ville fantôme " 1964-
prépublication dans "Spirou" (1306-1327) en 1963
Par
quel bout prendre cet album très riche ?
Par sa couverture d'abord, à la fois belle et inquiétante propre
à effrayer les jeunes lecteurs avec ses chauves-souris et les yeux d'un
rat dissimulé dans l'obscurité. Le début de l'histoire
est marqué par l'atmosphère inquiétante de ces villes abandonnées
où des voyageurs s'installent, contraints et forcés, pour passer
la nuit.
On pourrait aussi définir cet album par le couple des deux méchants.
Colorado Bill et Denver Miles, deux aigrefins de piètre envergure dont
la bêtise et la méchanceté génèrent des gags
hilarants (la formidable scène du pari). Ils sont utilisés comme
des sortes de Dalton de remplacement.
On pourrait aussi parler du vieux Powell, l'autre grand personnage de cet album.
Il est un ermite, un vieux chercheur d'or rendu presque fou par des années
de recherches infructueuses. Lucky Luke va le prendre en amitié et lui
éviter bien des ennuis. Ce personnage du vieux Powell est très
important car il est le premier acteur majeur d'une histoire de LL à
présenter une vrai richesse intérieure. Il est touchant, émouvant
mais aussi pitoyable. Nous avançons à grand pas vers la maturité
de la série. La fin de l'album montre un Lucky Luke plus messianique
que jamais, il indique à la population quelle est la bonne voie, celle
de l'agriculture, activité honnête par excellence, au détriment
de la recherche frénétique de l'or, source de malheur à
son sens.
Le running gag : le chapeau neuf
La réplique : "Vous alliez ricaner."
Curiosité :
au début de l'histoire, LL apparaît évidemment juché
sur Jolly Jumper, mais aussi accompagné d'une mule. A aucun moment, il
est expliqué pourquoi, comme si le scénariste avait eu cette idée
incongrue uniquement pour générer le premier gag le duo Denver
Miles et Colorado Bill.
Curiosité : Cet album apparaît dans le film "Un
homme, une femme" de Claude Lelouch avec Jean-Louis Trintignant et Anouk
Aimée, palme d'or du festival de Cannes en 1966.