(26) " Les Dalton se rachètent " 1965 - prépublication dans Spirou (1131 à 1352) en 1963-64
Cet
album fonctionne comme si Goscinny prenait conscience du formidable potentiel
des Dalton. Après les avoir mis en scène dans le schéma
traditionnel de la chasse à l'homme dans " Evasion ", "
Piste ", " Blizzard " et dans une moindre mesure, " Courent
toujours ", les auteurs proposent une situation vraiment inédite
: les Dalton sont volontairement libérés par le gouvernement pour
tester leur capacité à se réinsérer avec une probation
d'un mois.

La trame fonctionne donc sur un paradoxe, la comédie des Dalton, obligés
de se faire passer pour des honnêtes gens pour retrouver le statut d'hommes
libres. Lucky Luke n'est donc pas contraint de les poursuivre comme d'habitude,
mais de les surveiller comme des gosses et même au fil des rebondissements
de les assister jusqu'à les protéger carrément.
Le monde à l'envers en somme ; avec pour couronner le tout un Ran Tan
Plan au diapason, c'est à dire utilisé lui aussi à contrario,
ce qui renforce finalement sa stupidité naturelle. A noter le clin d'il
final à Gijé, via son héros Jerry Spring, le dessinateur
belge qui fut le mentor de Morris.
Cet album
est intéressant dans la mesure où LL se montre sinon bête,
tout au moins très naïf, il ne sort pas grandi de cette histoire
du point de vue de ses compétences mais il apparaît sympathique
comme jamais. Enfin faillible on peut s'identifier à lui.
Curiosité : LL est encore présent sur la couverture mais comme une sorte de logo commercial. Le procédé sera repris dans "Calamity Jane". Les personnages dits secondaires ont de moins en moins besoin du héros, signe que la série se vend très bien.